Nederlands 
 

Les dérives commerciales


Quand la Pub joue au dealer...



Alexis Moerenhout

Une campagne de publicité vient d’être lancée pour convaincre les  jeunes adolescents d’adhérer à l’offre de TMF Mobile . Cette campagne, pour persuader leur cible, utilise un graphique qui n'est pas sans rappeler une feuille de cannabis, dont  les feuilles sont faites de téléphones portables, accompagnée d'un  slogan accrocheur "LEGALIZE IT" (http://mobile.tmf.be/FR/home). Le CRIOC, Univers-santé et Infor-Drogues dénoncent cette publicté irresponsable et demandent, une nouvelle fois, que les pratiques publicitaires soient mieux encadrées.  

La publicité et les jeunes

Comme tout le monde le sait, les jeunes sont particulièrement sensibles à la publicité. Aujourd'hui, en matière de publicité et de  marketing, se sont développées de nouvelles pratiques commerciales agressives et ciblées. Ce constat avait déjà été fait dans le dossier 'Les publicitaires savent pourquoi-Les jeunes, cibles des publicités pour l'alcool'.[1]

Aujourd’hui, pour vendre un produit, la publicité doit proposer des 'contenus' qui frappent, qui émeuvent, qui touchent.

Pour toucher et sensibiliser les jeunes adolescents, les publicitaires n'ont pas hésité à mettre en avant, la  consommation du cannabis et à se positionner pour sa légalisation. Il s’agit d’une pratique publicitaire presque systématique: pour valoriser son produit, il faut l’enrober d’un appel à la trangression. Trangression de la politesse, de la propreté, de l’autorité parentale et, dans ce cas-ci , de la loi pénale.

Le cannabis et les jeunes

Soyons clair. Notre rôle n’est pas de mettre le cannabis sur le banc des accusés mais bien les publicitaires qui n'hésitent pas à en faire un argument  commercial pour la vente de leurs produits.

Que le cannabis soit dangereux ou pas, qu'il doive être légalisé ou pas, sont des questions dont il peut être logiquement et raisonnablement débattu. Cependant, le fait qu'il s'agisse d'une  substance psychoactive et interdite est un fait incontesté. A ce titre, que celle-ci soit utilisée comme argument de vente est inacceptable, d'autant plus quand le message est adressé aux plus jeunes.


En agissant de la sorte, les publicitaires font indirectement la promotion du cannabis et, plus largement, incite l’adolescent à se croire obligé de transgresser pour exister. Or, d’une part, le cannabis, quel que soit l'opinion portée sur sa dangerosité, est un produit tentant pour les jeunes, curieux d'essayer de nouvelles expériences et, d’autre part, les messages d’incitation à la transgression ne devraient pas être autorisé, surtout à destination des adolescents.

Gardons-nous de diaboliser mais soyons attentifs à une banalisation de la consommation de cannabis chez les jeunes, qui fait fi de l'énorme travail de prévention, d'information et de sensibilisation effectué  sur les substances psychoactives par les professionnels de la santé. Si certaines personnes peuvent avoir une consommation responsable et  modérée, on ne peut occulter les problèmes que ces drogues peuvent occasionner chez d’autres.

La promotion de la santé publique et du vivre ensemble ne devrait pas pouvoir être altérée et dénigrée par des industriels qui mettent en valeur, pour leurs profits immédiats, des produits et des comportements illégaux.


Rappels importants

La culture, l'importation, la vente, l'offre en vente et la détention de cannabis restent toujours interdites dans tous les cas.

Le CRIOC, Univers santé et Infor-drogues souhaitent, à l'appui de ce nouvel exemple, réitérer une nouvelle fois la nécessité d'encadrer et de réguler plus fortement la publicité par une législation plus précise et contraignante, et par la création d'un Observatoire de la Publicité, outil de dialogue et de concertation à vocation scientifique. Un tel outil permettrait de développer une véritable éthique publicitaire qui soit en adéquation avec les concepts de responsabilité sociétale des entreprises et de développement durable.


[1] Les dossiers de l'éducation aux médias n°3, Media Animations, 2007:Les publicitaires savent pourquoi - Les jeunes, cibles des publicités pour l'alcool
[2] A l'image du groupe porteur "Les jeunes et l'alcool", initié en 2003 et piloté par Univers santé asbl, qui mène en Communauté française réflexions et actions pour une consommation plus responsable et moins risquée d'alcool par les jeunes et qui réunit les associations suivantes; Fédération des centres de jeunes en milieu populaire - Fédération des Etudiant(e)s Francophones – Groupe RAPID –  Infor-Drogues - Jeunesse et Santé - Ligue des Familles – Latitude Jeunes – Prospective Jeunesse - Univers santé.

Dernière actualisation de cette page : 22 juillet 2008
 
  Saferinternet.be est une collaboration entre Child Focus et le Centre de Recherche et d'Information des Organisations de Consommateurs. Le projet et ce site Internet ont pour objectif la promotion de la sécurité des mineurs sur Internet et les nouvelles technologies de communication en ligne. Ce site propose des informations et des outils aux éducateurs qui cherchent à guider les enfants et les jeunes vers une utilisation responsable de ces technologies. Le projet comprend également des initiatives qui s'adressent directement aux jeunes, comme le site Internet web4me.be. Le volet belge de ce projet européen est soutenu par la la Commission Européenne, DG Information Society et son suivi est assuré par un comité d'experts.

P R O J E T CoBeNo

Child Focus
av. Houba-de Strooper 292 - 1020 Bruxelles
Tél + 32 2 475 44 11, fax + 32 2 475 44 03

CRIOC
Bd Paepsem 20 - 1070 Bruxelles
Tél +32 2 547 06 11, fax + 32 2 547 06 01

Vie privée | Clause de non-responsabilité | Copyright | Réalisation | Webmaster | Nederlands | Member of Insafelogo insafe