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Les dérives techniques


Votre ordinateur est-il durable?



Antoinette Brouyaux

A priori, la réponse à cette question est non, vu l’obsolescence organisée dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC). A la réflexion, ces technologies qui permettent des économies de papier et de transport, en remplaçant ceux-ci par la communication virtuelle, constituent un outil stratégique incontournable pour la mise en oeuvre de modes de production et de consommation plus durables. Tout dépend comment on les utilise!

C’est dans cette perspective qu’organisait le service cantonal du développement durable de Genève, ce 18 janvier 2007, un débat sur le thème: “rester branche pour durer?” Le Crioc y participait pour représenter les consommateurs – sans frontières dans une économie globalisée - aux côtés de délégués de Swisscom (téléphonie) et Sun Microsystems. Cette dernière société produit et commercialise des ordinateurs, logiciels, serveurs et systèmes à la pointe de la technologie environnementale.

Il est temps en effet que le secteur des équipements high tech prenne en compte cette dimension quand on sait qu’en Belgique, un million d’ordinateurs ont été vendus en 2006! Sans compter 13,6 millions de DVD à graver (en croissance de 14% par rapport a 2005), 27 millions de CD-Roms vierges (en recul de 8,3%) et près de 400.000 imprimantes multi-fonctions (en croissance de 18%) [1]

Cette fringale d’imprimantes est elle-même liée au succès des appareils photo numériques: 695 unités vendues en 2006 (croissance de 18%). Les ménages belges s’équipent donc massivement. Avec quel impact sur la consommation d’énergie?

Selon Carbon Trust, 30% de la facture énergétique mondiale est imputable aux TIC, et ce pourcentage est encore plus élevé dans certains secteurs très équipés en TIC. Ainsi les responsables de l’Université d’Oxford estiment que la moitié de leur facture d’énergie est imputable a la télématique, quant aux quartiers généraux de Google aux Etats-Unis, ils consomment 100 millions de kWh/an, soit l’équivalent d’une ville de 400 maisons!

Il est donc urgent de produire et de commercialiser des équipements TIC moins gourmands en énergie et dans un souci de dématerialisation, de mettre aussi en oeuvre des procédés de fabrication permettant de consommer moins de matières premières et plus de matériaux recyclés. Apparemment donc, ces technologies existent, reste la question de leur coût à l’achat  et de leur accessibilité sur le marché: comment savoir, lorsqu’on achète un ordinateur, quelle énergie grise a été nécessaire pour sa fabrication? Et pourquoi n’affiche-t-on pas sur son étiquetage, sa consommation énergétique comme c’est à présent le cas pour les électro-ménagers?

Voilà qui permettrait aux consommateurs de faire des choix “high tech” à tous points de vue, car toute entreprise soucieuse de son développement futur se doit dorénavant de prendre en compte la nécessaire dématérialisation des équipements qu’elle met en vente, pour permettre l’économie de matières premières tout comme celle des ressources énergétiques. Ce souci exprimé tant par le représentant de Swisscom que par celui de Sun Microsystem, laisse tout de même perplexes certains participants au débat, à Genève: "si vous nous demandez à présent de remplacer tous nos équipements par des machines ou systèmes moins polluants, rendez-vous compte de la quantité de déchets électroniques qu’une telle révolution va générer?"... Demande une consommatrice Genevoise...

Il n’est pas étonnant que les citoyens de cette ville soient si sensibles aux enjeux liés au climat; chaque jour il leur suffit de lever les yeux pour constater les effets déjà sensibles du changement: car les Alpes sont bien tristes cet hiver, dépourvues de leur blanc manteau...

Pour les consommateurs belges intéressés, signalons l’organisation le 6 février a Bruxelles d’un colloque européen sur les TIC et le développement durable.
 

[1] P. Van Campemhout, Périphériques en vogue, LLB 06/1/07

Dernière actualisation de cette page : 1 février 2007
 
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