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Les dérives techniques


Jeunes et technologies de l'information



Comment les jeunes manient-ils les nouvelles technologies de l'information et de la communication? Voici les résultats d'une enquête évaluant leurs comportements vis-à-vis du GSM, de l'ordinateur et d'Internet. Et quelques recommandations pour éviter les risques qu'encourent les mineurs avec ces outils.

Méthodologie

785 Interviews quantitatives ont été réalisées de mars à mai 2003 en Belgique en face à face auprès de jeunes et de parents: 128 jeunes de 11 à 12 ans, 163 jeunes de 15 à 17 ans, 494 jeunes étudiants de 18 à 25 ans. Les interviews des jeunes ont été réalisées en dehors de la présence des parents. Pour les plus de 18 ans, seuls des étudiants ont été interrogés.

Les résultats ont fait l'objet des traitements statistiques adéquats (marge d'erreur 3,0 %). Les analyses de risque sont inspirées des travaux de l'Observatoire des droits de l'Internet, du SPF Économie (Cellule de Veille sur Internet), du Centre Européen de la Consommation et du Service de Médiation pour les Télécommunications.

GSM: 2 jeunes sur 3

Deux jeunes sur trois utilisent un GSM, le plus souvent avec une carte prépayée par les parents (ou avec l'argent de poche à partir de 15 ans). La fonction principale du GSM chez les jeunes est l'envoi de SMS et accessoirement la réception d'appels téléphoniques.
A 11-12 ans, 66 % déclarent utiliser leur GSM (envoi de SMS) tout le temps ou souvent... pour jouer et plus rarement pour communiquer. Le GSM est perçu comme un objet de prestige et de reconnaissance sociale qui doit être montré et utilisé. A partir de 15 ans, le GSM est utilisé de manière plus rationnelle. Quel que soit l'âge, la dépense mensuelle en carte prépayée reste quasi constante: environ 17- 18 Eur.

Le langage SMS permet aux jeunes de s'intégrer parmi leurs pairs et de garder le contact à tout moment. L'envoi d'un SMS coûte moins cher qu'un appel téléphonique et est discret, donc compatible avec l'exercice d'une autre activité (suivre un cours ou participer à une activité de loisirs).

SMS: attention aux arnaques

Le développement du SMS marketing peut conduire à des dérapages de la part des producteurs de service. Les arnaques sont nombreux et les jeunes peu conscients des risques potentiels. En effet, de nombreux sites Internet offrent des services SMS de jeux, concours, logos, sonneries, résultats sportifs, météo, horoscope, etc. La réception des SMS est alors payante. Divers problèmes ont été constatés par le Service de Médiation des télécommunications:

  • Difficulté de se désabonner, donc de stopper la réception de ces SMS.
  • L'opérateur de téléphonie mobile est complice de l'entreprise qui envoie les SMS non sollicités, mais il décline toute responsabilité.
  • La publicité faite pour les logos et sonneries est souvent trompeuse ou incomplète. Parfois le prix (soit plusieurs fois le coût d'un SMS) est indiqué en petits caractères tout en dessous. Parfois, il n'est pas indiqué que plusieurs appels sont nécessaires pour obtenir le service désiré.

Ordinateur et internet: utilisation en croissance.

Si à 11-12 ans, à peine trois jeunes sur 100 utilisent un ordinateur, ils sont plus d'un jeune sur quatre (27%) à 15 ans, un jeune sur deux (49%) à 17 ans et près de trois jeunes sur quatre (72%) à 19 ans à utiliser un ordinateur.
A partir de 11 ans, plus de trois jeunes sur quatre utilisent Internet. En moyenne, 7 jeunes sur 10 utilisent Internet. Ce chiffre global cache des disparités régionales: le nombre de jeunes internautes néerlandophones est supérieur de 20 % à celui des francophones.

Internet du point de vue de la protection des mineurs

L'utilisation sans cesse croissante d'Internet par les jeunes, justifie pleinement une politique active de protection des mineurs vis-à-vis de ce média. Or on constate que:

  • Des sites propagent des idées contraires aux fondements de la démocratie ou préjudiciables aux mineurs.
  • Les cookies déposés lors de la fréquentation d'un site, livrent des renseignements sur l'internaute, en vue d'exploitations diverses.
  • Le "chat" et les forums de discussion en ligne portent aussi atteinte à la vie privée, et entraînent la diffusion d'informations non vérifiées.
  • Les pratiques de commerce sur Internet laissent à désirer (arnaques diverses, publicité non désirée, etc.)
  • L'ADSL, réseau à large bande, n'est pas disponible pour tous. Il devrait faire partie intégrante du service universel.

Recommandations

L'étude souligne la nécessité de:

  • Renforcer le débat démocratique et la protection des mineurs en sensibilisant parents et jeunes à l'impact de ces technologies et aux moyens de les sécuriser.
  • Renforcer la législation et les contrôles notamment en matière d'arnaques, de tarification, de vie privée et de sollicitations commerciales.
  • Viser un accès universel et sécurisé à internet et réduire la fracture numérique en encourageant l'utilisation des technologies de l'information et de la communication dans les lieux publics (écoles ou autres) et en développant des contenus publics adaptés, libres de droits et susceptibles d'être utilisés par les jeunes.
  • Approfondir l'analyse psycho-sociale de l'impact des nouvelles technologies de la communication sur la santé mentale des personnes et sur les relations familiales (ex. des personnes qui se "coupent" du monde en se réfugiant dans un monde virtuel, etc.).

Adresses utiles:

Présentation de l'étude

Pour plus d'information:
Marc Vandercammen, directeur général du CRIOC
Tél.: 02/547.06.51
Contacts presse: Antoinette Brouyaux
02/547.06.04
E-mail: Info@crioc.be

Dernière actualisation de cette page : avril 2005
 
  Saferinternet.be est une collaboration entre Child Focus et le Centre de Recherche et d'Information des Organisations de Consommateurs. Le projet et ce site Internet ont pour objectif la promotion de la sécurité des mineurs sur Internet et les nouvelles technologies de communication en ligne. Ce site propose des informations et des outils aux éducateurs qui cherchent à guider les enfants et les jeunes vers une utilisation responsable de ces technologies. Le projet comprend également des initiatives qui s'adressent directement aux jeunes, comme le site Internet web4me.be. Le volet belge de ce projet européen est soutenu par la la Commission Européenne, DG Information Society et son suivi est assuré par un comité d'experts.

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