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Le CRIOC réagit à la mise en cause du JEP
Aline van den Broeck
En mai 2006, la plate-forme Safer Internet Belgique qui est financée par la Commission Européenne et est un collectif du CRIOC (coordinateur), Child Focus, le CIAOSN, le Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme et l'ISPA, a lancé un tout nouveau site pour adolescents, http://www.web4me.be, en vue d'informer et de sensibiliser ce groupe d'âge aux dangers d'Internet.
Les visiteurs n'y trouvent pas seulement une masse d'informations, mais peuvent aussi y signaler des pratiques en ligne qu'ils estiment suspectes.
Dès la mi-août, des messages postés sur des forums incitent les internautes à consulter le site. Et pour sensibiliser les jeunes aux dangers d'Internet, un piège avec un clin d'oeil éducatif a été développé. Dans différents sites Internet qui s'adressent particulièrement à des adolescents, une bannière commerciale les invite à surfer sur le site de ce qui semble être un nouvel opérateur en télécommunication (CelBel) qui veut s'installer sur le marché européen et qui leur propose, en tant qu'offre de promotion, un contrat d'essai gratuit. Cet opérateur demande évidemment aux intéressés de fournir leurs propres données personnelles (et de préférence aussi celles de quelques copains et copines). En imitant le modus operandi d'entreprises qui essaient de se procurer des données personnelles de manière illégale, le CRIOC veut sensibiliser les jeunes. C'est ainsi que le jeune piégé arrive sur www.web4me.be, où il reçoit le message qu'il s'agit d'un piège et que de telles offres 'alléchantes' peuvent toujours contenir des risques. De plus, il trouve également sur ce site beaucoup d'informations intéressantes sur l'utilisation de l'Internet et comment surfer en toute sécurité.
Ce détournement de techniques marketing pour faire connaître ce site, a fait réagir le secteur de la publicité.
Ainsi, il y a quelques jours de cela, le JEP a publié sur son site www.jepbelgium.be, l'avis de réserve suivant :
"Le jury - qui s'est saisi de ce dossier de sa propre initiative - est d'avis qu'en faisant usage de techniques commerciales pour cibler les jeunes consommateurs, le CRIOC doit, à l'instar des autres annonceurs, respecter les règles en matière d'éthique publicitaire. Il a souligné que l'objectif consistant à promouvoir la protection des consommateurs ne permet pas de ne pas respecter ces règles. Le jury a constaté que le message initial de cette campagne n'est pas véridique et abuse par conséquence de la confiance du consommateur. Le jury est d'avis que cela ne témoigne pas, dans le chef du CRIOC, de bon goût et il a donc estimé devoir formuler un avis de réserve conformément à l'art. 4 de son règlement."
Le CRIOC n'a pas manqué de solliciter un droit de réponse et ce, dans le strict respect de la loi du 23 juin 1961 relative au droit de réponse.
En voici un extrait:
"Nous nous trouvons face à une situation pour le moins cocasse... Le JEP - émanation de l'asbl Conseil de la Publicité et dépourvu de toute autonomie juridique - formule de sa propre initiative, un avis de réserve concernant une campagne de sensibilisation menée par le CRIOC - qui, rappelons-le, n'est pas membre du Conseil de la Publicité - sur base d'un code éthique auquel le CRIOC n’a jamais adhéré ! Ce jury estime que par cette campagne, le CRIOC ne témoigne pas de bon goût. Et de souligner que le critère vague et subjectif dit du bon goût, n’est à notre sens en aucun cas un critère pertinent pour apprécier si oui ou non l’intérêt des consommateurs est méconnu.
A maintes reprises, les organisations de consommateurs ont souligné la limite de l'autorégulation et le fait que les codes ne sont pas opposables à des tiers qui ne les ont pas signés. C'est la raison pour laquelle, les organisations de consommateurs défendent les mécanismes de protection légaux.
Une fois encore, les réactions soulignent la nécessité de réguler les pratiques publicitaires inacceptables. Il est vrai que les règles de conduite dans lesquelles les nouvelles formes de publicité et de manipulation s'inscrivent aujourd'hui ne sont pas suffisamment efficaces. En mettant les publicitaires face à leurs pratiques, le CRIOC démontre que seule une instance indépendante et officielle, telle que par exemple un conseil fédéral de la publicité, pourrait les réguler".
Pour plus d'infos. Dernière actualisation de cette page : 24 novembre 2006
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