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Rent-a-wife: condamné par les professionnels
Antoinette Brouyaux
En avril dernier, le site www.rentawife.be avait fait l'objet d'une plainte adressée par le CRIOC à l'Association Belge du Marketing Direct. Qui aujourd'hui, condamne les auteurs de ce site litigieux, mais en attendant, la campagne publicitaire a eu lieu. D'où la nécessité d'un organe indépendant de contrôle de la publicité. Alors que l'on attend une réponse du juge à la plainte déposée par l'Institut pour l'Egalité entre Hommes et Femmes, le CRIOC en revanche a reçu une réponse de l'Association Belge du Marketing Direct. Celle-ci s'adresse également à 9 autres plaignants et les informe que le Comité de Surveillance de l'ABMD a jugé ces plaintes recevables et fondées. Conformément à l'article 27 du Code de Conduite de l'ABMD, la société incriminée, Home Entertainment Services (DVD Post) se voit imposer une amende de 12.000 euros (dont 4000€ avec sursis). Cette société a encore la possibilité d'interjeter appel. Il est également demandé à la société incriminée de retirer son site d'Internet. Dans sa décision, l'ABMD se réfère à son propre code mais aussi à ceux du Jury d'Ethique Publicitaire et de la Chambre de Commerce Internationale. Les éléments retenus contre la campagne incriminée sont de diverses natures: selon l'article 124e du code de conduite précité, les publicités "doivent être décentes, loyales et véridiques. Elles ne peuvent pas être de nature à détériorer la crédibilité du secteur" (sic !). Le comité de surveillance considère en outre que l'image développée dans cette campagne dévalorise la personne humaine, perpétue le stéréotype de la femme-objet et porte atteinte à la dignité humaine. Or selon l'article 127 du code de l'ABMD, la publicité "ne peut encourager une discrimination fondée sur la race, la religion, le sexe, inciter à la violence ou exploiter la superstition". La problématique d'une discrimination éventuelle faisant l'objet d'une action judiciaire, le comité de surveillance de l'ABMD laisse le juge statuer sur la question.
Qu'en penser ? Si on peut bien sûr se réjouir que des professionnels aient réagi face aux manquements liés au respect de leur code, on peut s'interroger sur l'argumentaire développé et constater, à regret, que l'autorégulation soit à géométrie variable : l'ABMD condamne une campagne de nature à détériorer la crédibilité du secteur et à discriminer la personne humaine mais estime, de manière contradictoire, qu'il ne lui appartient pas de statuer sur la discrimination. Position assez étonnante qui conduirait à fonder les décisions sur base du respect ou non des codes, sans approfondir des questions essentielles de principe et le respect de la loi! Les délais de décision sont aussi importants (plus de deux mois pour juger d'une campagne de publicité) ! Cela changera-t-il quelque chose ? De la part de "rentawife", sans doute pas car à part une précaution oratoire sur la page du site ("Si vous avez de l’humour vous pouvez toujours lire les réactions autour de la campagne et voir notre spot publicitaire") rien n'a changé. Pour toutes ces raisons, il devient urgent d'installer rapidement un conseil fédéral de la publicité. Dernière actualisation de cette page : 18 juin 2007
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